(21/05/2015) Parlons un peu de Cap2C…

Une journée d’information Cap2C réussie aux Invalides

 

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Une réception organisée jeudi 21 mai aux Invalides, dans les salons du gouverneur militaire de Paris, a réuni une centaine de personnalités issues des entreprises, du monde associatif et de l’institution. L’occasion pour les cinq associations partenaires dans l’élaboration du projet depuis près de deux ans, de présenter leurs actions individuelles et collectives en faveur de la reconversion des officiers. Cette réception a été également l’occasion d’annoncer le lancement de la seconde phase du projet, par la voix du GCA Hervé Giaume, lors de son discours inaugural. Côté entreprises, madame Frédérique Jeske, déléguée générale du réseau Entreprendre qui regroupe actuellement près de 13000 chefs d’entreprises bénévoles, membres des associations Réseau Entreprendre, a mis l’accent sur la similitude des démarches et des objectifs de Cap2C et du Réseau Entreprendre.

herve-giaume_cap2c_21052015Bienvenue…

Bienvenue et merci à nos autorités institutionnelles, aux associations et aux représentants du tissu socio-économique pour leur présence marquant ainsi l’intérêt pour l’accompagnement de la reconversion de nos officiers.

Je ne voudrais pas débuter cette présentation de CAP2C sans adresser tout d’abord un très grand merci au gouverneur militaire de Paris, le GCA Hervé Charpentier, pour avoir permis d’accueillir cette rencontre dans ses salons, afin de mieux faire connaître tout ce qui est entrepris en complément de l’action importante de l’institution militaire au profit de nos officiers.

Un grand merci également à nos partenaires qui nous ont soutenus d’emblée (AGPM et GMPA) et sans qui nous n’aurions peut-être pas pu démarrer aussi rapidement.

Bienvenue à Frédérique Jeske, directrice générale du réseau Entreprendre, dont j’ai souhaité qu’elle puisse être en quelque sorte notre grand témoin ce soir, car de multiples facettes du réseau Entreprendre semblent pouvoir servir de guide à CAP2C. Je lui cèderai ensuite la parole pour avoir son éclairage sur notre action.

Avec l’annonce de contraintes budgétaires fortes qui induisent automatiquement une compression des effectifs pour les années 2015-2020, notamment pour les officiers, et avec la disparition de l’Association pour la Reconversion Civile des Officiers et des sous-officiers (ARCO), il est très vite apparu aux présidents des associations des officiers issus des écoles militaires , St Cyr, Ecole Navale, Ecole de l’Air ainsi que l’Epaulette et de l’association nationale des officiers de carrière en retraite (l’ANOCR), la nécessité de générer une synergie pour traiter de la question de la reconversion. Il s’agissait de compléter le dispositif mis en place par l’institution militaire et l’Agence Reconversion Défense (ARD). Le but recherché était tout d’abord de s’organiser ensemble pour être sûr de ne laisser aucun officier sur le bord du chemin, quels que soient son grade, son âge, son origine, son armée. La plateforme CAP2C a donc été créée fin 2013.

Les deux domaines d’action privilégiés par CAP2C vis-à-vis des officiers susceptibles de quitter l’Institution militaire sont :

  • tout d’abord en amont de la reconversion, le soutien pour la réflexion, afin de compléter le dispositif mis en place par les DRH d’armées et l’ARD.
  • C’est ensuite l’accompagnement humain des officiers une fois la décision de quitter l’institution prise, au moment de la recherche d’emploi, en mettant en synergie tous les services d’appui à la reconversion des associations de grandes écoles, dans le respect des spécificités de chacun de ces services qui assurent la réalité de l’accompagnement humain personnalisé par le biais de référents et d’ateliers,  le tout en strict complément de l’offre de l’ARD et de la Mission de Reconversion pour les Officiers (MRO). D’ailleurs, qui peut mieux comprendre et dialoguer avec un officier qui se reconvertit qu’un officier qui s’est reconverti et est passé par toutes les phases de la réflexion et de la recherche d’emploi ?

Concrètement, CAP2C, c’est aujourd’hui :

  • une journée annuelle d’information interarmées et de rencontres organisée pour tous les officiers candidats à la reconversion ;
  • un portail web d’informations avec un accès unique pour les sites des associations mis en place dès 2014 ;
  • un certain nombre d’ateliers et d’activités réseau mutualisés au sein des associations et avec des cabinets partenaires
  • une mise en commun, dans le respect des spécificités de chaque association d’armée, des offres d’emploi afin de présenter dans un délai de moins d’un mois, les candidats les plus idoines aux postes proposés.

CAP2C ne se veut donc pas être une strate supplémentaire, une techno-structure de plus dans le monde de la reconversion. CAP2C n’est d’ailleurs pas un acteur proprement dit de la reconversion, mais se veut être un facilitateur et un accompagnateur. CAP2C est donc une plateforme d’aiguillage et d’accompagnement pour des officiers, à Paris ou en province, qui s’interrogent sur leur avenir et pour ceux qui ont besoin d’être accompagnés humainement jusqu’au moment où un poste a été retrouvé de façon pérenne. C’est une structure très légère, le support administratif et physique étant réalisé par l’association dont le président est en exercice, aujourd’hui l’Epaulette.

Le comité directeur est constitué par les présidents des associations fondatrices de la plateforme et la présidence de ce comité est tournante (2 ans).
Le comité exécutif est constitué par les responsables de chaque service d’appui à la reconversion des associations et son animateur appartient à l’association du président en exercice.
La permanence de l’accueil est assurée par le secrétariat de l’association du président en exercice.

Comme vous le voyez, la volonté des présidents fondateurs a été de mettre en place une structure inter-associative très légère, réactive, adaptée au besoin et réversible. Complémentaire à l’action de l’ARD/MRO, c’est une mutualisation des actions associatives d’accompagnement à la reconversion, en recherchant une synergie de partenariats avec les réseaux professionnels, notamment avec le réseau de nos camarades en seconde carrière.

Nous tenions ce soir à présenter cette plateforme CAP2C, non seulement aux hautes autorités militaires, dont les services concernés (DRH de chaque armée, Agence de Reconversion Défense, et plus particulièrement la Mission de Reconversion pour les Officiers) ont naturellement été associés à cette création, mais également aux acteurs du monde de l’entreprise et des associations, afin de susciter toutes les synergies possibles, voire des partenariats nouveaux et novateurs.

L’expérience nous montre qu’un employeur recherche aujourd’hui chez un candidat, certes un savoir-faire, mais de plus en plus un savoir-être. Or, aujourd’hui, si avoir un savoir-être n’est pas l’apanage de l’officier, c’est l’une de ses qualités premières et il y a souvent un moyen de faire savoir à un employeur quel était le savoir-être connu d’un candidat officier dans sa vie précédente… C’est d’ailleurs ce que CAP2C  souhaite promouvoir dans son action.

Le but de cette soirée est donc de vous présenter le savoir-faire de CAP2C et de permettre la rencontre afin de mieux vous rendre compte de son savoir-être… C’est pourquoi vous avez la possibilité de le faire dans les points rencontres de ce soir afin de mieux connaître le rôle de la plateforme.

Outre la participation concrète de chacune des associations fondatrices, la mise en place de CAP2C n’a pu se faire que grâce au soutien actif de l’AGPM et du GMPA. Qu’ils soient ici à nouveau chaleureusement remerciés pour avoir répondu à notre appel.

Je ne voudrais terminer pas mon intervention, sans vous souhaiter une bonne soirée réalisée également avec le soutien de notre partenaire de ce soir, l’entreprise Oenoptimo.

Hervé Giaume

Deux questions à Hervé Giaume (président de l’association responsable de la mise en oeuvre du projet Cap2C) :
Combien avez-vous eu de contacts au niveau de la plate-forme ?

  • Le site web Cap2c comptabilise une fréquentation quotidienne moyenne de 48 visites, soit un total de près de 1250 visites mensuelles.
  • Une quinzaine d’offres d’emploi ont été publiées sur le site depuis sa création. Cinq d’entre elles sont affichées actuellement en première page, dont trois offres Alcatel – Lucent transmises par l’ARD.
  • Depuis sa création, la plateforme Cap2C a eu un contact direct ou indirect avec environ 200 officiers. Pour ma part, une vingtaine d’officiers m’ont contacté directement, en ma qualité de représentant de la plateforme.

Quels sont les échanges entre Cap2C et l’institutionnel ?

  • Notre relation avec les institutionnels est à plusieurs niveaux  :
    1. Echanges avec les autorités (CEMA, MGA, CEMs d’armée, DRHMD, DRH d’armées),
    2. Echanges privilégiés avec l’ARD et la MRO,
    3. Réunions régulières d’informations avec la MRO.
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Frédérique Jeske, directrice générale du Réseau Entreprendre

Bonsoir,
Je vous remercie de m’accueillir parmi vous,
Je suis très heureuse de partager cet événement et de découvrir avec vous la plate-forme CAP2C et toute sa pertinence. C’est un honneur pour moi de représenter ce soir la communauté des 13 000 dirigeants d’entreprise de Réseau Entreprendre, et, par leur voix, le monde des entrepreneurs.
Tout d’abord, je souhaite vous féliciter de cette belle initiative collective : CAP2C réunit sans aucun doute tous les atouts d’un outil au service de la réussite des officiers en reconversion – de chacun d’entre eux, dans le respect de la personne et aussi des réseaux qui composent votre communauté !
J’ai été particulièrement sensible à certains de vos mots, des mots clés, à mon sens, pour la réussite de ce projet : travailler en « synergie », s’organiser « ensemble », accompagner l’homme, être facilitateur et accompagnateur, favoriser l’entraide, mettre en commun et mutualiser, construire en partenariat avec les acteurs du monde de l’entreprise.
Vous avez également évoqué un sujet qui me tient à coeur : l’importance du savoir-être, au-delà du savoir-faire…
Toutes ces notions qui sont au coeur de votre démarche aujourd’hui, le sont aussi dans la démarche mise en oeuvre par le Réseau Entreprendre depuis près de 30 ans maintenant, sous l’impulsion de son fondateur, André Mulliez.
Qu’il s’agisse des valeurs portées ou des méthodes d’action choisies, nous avons de nombreux points de rencontre, comme vous pourrez aisément le constater.

Qui sommes-nous ? Réseau Entreprendre est une Fédération d’Associations de Chefs d’entreprise, dont l’unique finalité est de contribuer à créer et à sauvegarder le plus d’emplois possibles.
Réseau Entreprendre a ses racines dans le Nord de la France, puisque la première association a été créée en 1996 par André Mulliez, après qu’il ait dû fermer son entreprise Phildar et licencier plus de 600 personnes.
La finalité de son projet était bien de rendre la dignité par l’emploi et il s’est dit que pour créer de l’emploi, il fallait « créer des employeurs ».
Nous avons d’ailleurs le plaisir d’avoir avec nous ce soir Blandine Mulliez, fille d’André et engagée aux côtés de Réseau Entreprendre par l’intermédiaire de la Fondation Entreprendre qu’elle préside, Fondation qui soutient fortement notre action.
Réseau entreprendre aujourd’hui, c’est une véritable ONG militante de l’Entrepreneuriat.
Nous sommes en effet un réseau national et même international important : nous disposons aujourd’hui de 82 implantations sur le territoire français, sous la forme de 48 associations autonomes, auxquelles on peut ajouter maintenant 28 implantations internationales.
Notre mouvement allie la force d’une organisation professionnelle structurée et en réseau, et des implantations locales en forte proximité avec les territoires, ancrées dans le tissu économique local.

Les associations travaillent sur leurs territoires en autonomie, mais elles vivent aussi ensemble, en réseau, et elles partagent valeurs, outils et méthodes d’action.
Notre métier, c’est l’accompagnement des créateurs, repreneurs et développeurs d’entreprises, et d’emplois.
Cet accompagnement prend pour nos lauréats (comme on les appelle) plusieurs formes :
– Un accompagnement financier pour concrétiser le projet entrepreneurial, sous forme de prêt d’honneur, à la personne, sans caution ni garantie, qui font effet de levier pour l’obtention des financements bancaires.
– Un accompagnement individuel, qui est au coeur de notre action : accompagnement de pair à pair, par un chef d’entreprise confirmé et bénévole, qui a été formé aux méthodologies d’accompagnement Réseau Entreprendre – C’est un accompagnement sur la durée, pendant 2 à 3 ans, pour aider le porteur du projet entrepreneurial à réussir.
– Un accompagnement collectif, au sein par exemple des clubs de lauréats, pour mettre les entrepreneurs en réseau, les faire échanger sur leurs sujets majeurs, s’enrichir les uns des autres, mutualiser les expériences, grandir ensemble…
– Et nous leur proposons aussi, bien entendu, une intégration dans le tissu économique local, pour ne pas rester seul dans son entreprise mais au contraire se sentir partie prenante du monde économique de son territoire.
Nos 82 implantations françaises fonctionnent grâce à environ 170 salariés, et 5 500 dirigeants confirmés, adhérents actifs de nos associations qui donnent plus de 90 000 heures de bénévolat par an pour accompagner les lauréats.
Près de 90% de notre financement provient de financements privés (notamment les cotisations de nos adhérents, les partenariats avec les entreprises), ce qui en fait une exception dans le monde de l’accompagnement à la création d’entreprise, les autres réseaux étant financés en grande majorité par les pouvoirs publics.
Nous sélectionnons environ 900 nouveaux lauréats chaque année, qui seront tous accompagnés par un chef d’entreprise confirmé pendant 2 à 3 ans, et nous leur distribuons plus de 22 M€ de prêts d’honneur par an au total, qui ont un effet levier moyen de 13 chez nos partenaires bancaires. C’est dire le label de qualité que représente Réseau entreprendre pour les Banques…
Un entrepreneur accompagné par Réseau Entreprendre crée en moyenne 13 emplois à 5 ans, et les taux de réussite sont de plus de 90% de pérennité des entreprises accompagnées, après 3 ans d’existence.
Mais Réseau Entreprendre, ce n’est pas qu’une série de chiffres… C’est beaucoup plus !
Ce sont avant tout des Hommes et des Femmes ;
une communauté de près de 13 000 entrepreneurs (membres et lauréats), qui se retrouvent autour de valeurs fortes, véritable colonne vertébrale de l’ensemble.

La première valeur partagée est une valeur humaniste fondamentale qui nous a été transmise par André Mulliez : « L’important c’est la personne ». Nous accompagnons des femmes et des hommes, des entrepreneurs… et pas des entreprises.
Et nous nous attachons à leur savoir-être tout autant qu’à leur savoir-faire d’entrepreneurs…
2e valeur : la gratuité, pour les entrepreneurs accompagnés bien sûr et aussi dans l’absence de relations d’affaires entre les accompagnés et leurs accompagnateurs.
3e valeur : la réciprocité (pour créer une véritable chaine d’entraide entre entrepreneurs)… il est demandé aux entrepreneurs accompagnés de « rendre un jour ce qu’ils ont reçus»…
4e valeur, ou principe d’action qui nous tient à coeur : Les méthodes d’entreprises, qui sont utilisées autant dans nos pratiques professionnalisées d’accompagnement de nos lauréats que pour la gestion de nos associations.
Tout ça fait partie de notre ADN.
Réseau Entreprendre, c’est avant tout un formidable réseau humain, de chefs d’entreprises engagés pour le développement économique de leur territoire et pour la réussite des femmes et des hommes de ce territoire.
Vous le voyez, nous activons chaque jour, depuis 29 ans, les mêmes leviers que vous avez décidé de mettre en place pour CAP2C :
– L’accompagnement humain avant tout,
– L’engagement personnel fort de nos entrepreneurs bénévoles et de nos lauréats,
– La solidarité (entre entrepreneurs), pour que chacun trouve sa place dans la communauté,
Et puis, aussi :
– La mise en réseau, la mise en coopération et en synergie de nos associations : nous consolidons et développons chaque jour le « travailler ensemble », dans le respect des actions de chacune des associations qui composent notre réseau.
Pour contribuer à la création d’emplois, notre mission consiste à faire émerger les compétences, les talents, les qualités des porteurs de projet entrepreneurial.
Comme c’est la vôtre pour accompagner les officiers en reconversion.
Alors oui, travaillons ensemble.
Entreprendre c’est agir, et il est évident qu’agir, c’est aussi votre quotidien dans le monde militaire.
Les passerelles entre monde militaire et monde de l’entreprise sont nombreuses et, me semble-t-il assez naturelles.
Et les Officiers ont clairement une place à occuper dans le monde de l’entreprise et aussi, certainement d’ailleurs, sur le champ de l’entrepreneuriat
(nous avons d’ailleurs un certain nombre de lauréats anciens militaires).
Sans nul doute, les officiers ont toutes les qualités et les compétences nécessaires à la vie en entreprise – autant en termes de Savoir-faire que de Savoir-être :

Vous êtes des gestionnaires, des managers et des meneurs d’hommes, vous savez ce que c’est que développer et entretenir l’esprit d’équipe, la réussite collective.
Vous avez forcément l’esprit d’initiative ainsi que le goût du risque et du dépassement de soi, qui sont les qualités fondamentales du développeur/de l’entrepreneur,
Vous avez aussi l’habitude d’évoluer dans un environnement exigeant, aux règles complexes et en constante évolution, l’expérience de la gestion des crises, une bonne résistance au stress, et aussi la capacité à être « sur tous les fronts »…
Les officiers ont ainsi développé toutes les aptitudes et valeurs fondamentales et nécessaires me semble-t-il, soit au développement d’un projet entrepreneurial, soit à l’intégration réussie à une entreprise et à son projet.
Reste à transmettre la culture et l’envie d’entreprendre, ainsi que l’envie de s’engager dans une entreprise, aux Officiers en phase de reconversion.
De quoi avons-nous besoin pour cela ?
Ce qui est certain, c’est que dans les programmes de reconversion, quels qu’ils soient, il ne faut pas négliger l’importance de l’insertion dans une communauté, dans un réseau.
Changer de carrière, c’est un nouveau départ, c’est un parcours à ne pas faire seul : et c’est l’accompagnement de chaque personne, qui permettra, comme vous le disiez tout à l’heure, de ne laisser aucun officier sur le bord du chemin.
Alors, n’hésitons pas : mettons en commun nos efforts pour rapprocher deux mondes qui partagent de nombreuses valeurs, par l’accompagnement, et par la mise en synergie de nos réseaux.
Merci de votre attention.

Frédérique Jeske

 

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